Luminaires et mobilier en papier recyclé, faits main à Béziers
Du papier
à la lumière
Henri Dejeant façonne des lampes et des meubles dans une matière qu’il a mise au point lui-même : des journaux recyclés, du plâtre et une colle végétale.
« Je broie le papier, je le malaxe, je le combine à du plâtre et à de la colle végétale pour obtenir une matière dense, malléable et tactile. »
Tout commence en 2008 à Mirleft, dans le sud du Maroc. Pas de route goudronnée, pas d’électricité dans les rues, mais des journaux partout. Henri Dejeant les fait broyer au moulin à huile du village et cherche, pendant des années, comment en faire une matière.
Cinq ateliers plus tard, il travaille à Béziers, dans l’ancienne miroiterie de sa famille. Il y dessine, moule, ponce et assemble chaque pièce.
Son parcours
Application manuelle
Les lampes façonnées à la main
Des lampes arquées sur un pied, qui ont l’air vivantes. Quatre membres d’une même famille, les Invider, et deux façons de poser la pâte.
Voir les InviderMom et Sista
Les plus élancées. Moulées de l’intérieur : la main passe dans le moule, la paroi sort fine et régulière.
Paps et Bro
Montées de l’extérieur, sur une structure. Le rendu est plus brut. La même forme, un autre caractère.
Invider : de l’anglais invader, l’envahisseur, avec une faute gardée exprès.
Teintées dans la masse
Cinq teintes, et toutes les autres
Les pigments, ocres, oxydes minéraux et noir de carbone, sont mêlés à la pâte. Au ponçage, la couleur apparaît avec le grain du papier ; la cire d’abeille l’intensifie.





Dans la même pâte
Le mobilier
Petipié
Table basse façonnée à la main à Béziers en journaux recyclés, plâtre et colle végétale. Un mètre de long, trente kilos, des bords arrondis et un vernis qui ne craint ni le café ni le vin.
- MatièrePapier recyclé, plâtre, colle végétale
- DimensionsLongueur 100 cm • Largeur 60 cm • Hauteur 40 cm
- Poids30 kg
- ÉditionApplication manuelle
- FinitionVernis à l’eau, Écolabel européen
1 920,00 €
Voir la fiche« Mon fils s’y est cogné plus d’une fois. Avec ses bords arrondis, on n’a jamais fini aux urgences. »
Du journal à la lampe
Le geste, en cinq temps
Rien ici ne va plus vite que le séchage.
- 01Le papierDes journaux de récupération, broyés à sec près de Béziers, au grain choisi par Henri Dejeant.
- 02La pâtePlâtre, colle végétale et pigments : la pâte est préparée au dernier moment, car elle prend vite.
- 03La formeAppliquée à la main pour ne pas piéger d’air, dans un moule, sur une structure ou sur un gabarit.
- 04Le séchageDémoulée, la pièce sèche dans un séchoir simplement ventilé, avec le moins d’énergie possible.
- 05Le grain et la cireLe ponçage révèle un grain de terrazzo et des éclats de journal. La cire d’abeille ravive la couleur et durcit la surface.
Dans le carnet : papier mâché, papier recyclé, MoldingPulp, les sept étapes en détail, une pièce dessinée pour un lieu.

Sur demande et sur mesure
Les pièces uniques
Les Amba, « maman » en sanskrit. De 95 à 200 cm, chacune façonnée pour elle seule.
La pâte est appliquée à la main sur un gabarit imprimé pour une seule lampe, puis retiré. Viennent ensuite le séchage, le ponçage, les reprises. Chaque diffuseur est imprimé pour sa lampe : une division cellulaire, ou une orchidée pour l’Amba 170.
« Sur ces grandes formes, appliquer la pâte, c’est presque une méditation. Je prends mon temps. »

La matière
MoldingPulp, une matière qui n’existe qu’ici
Ni céramique, ni papier mâché. Henri Dejeant l’a mise au point au Maroc, à partir de journaux, et l’affine depuis plus de quinze ans.

De quoi est-elle faite ?
De journaux recyclés, de plâtre fabriqué en France, d’une colle végétale et de pigments minéraux. Ni résine ni plastique.
Est-ce solide ?
Oui. Les fibres du papier arment le plâtre, et les formes, dessinées pour répartir les efforts, renforcent la pièce.
Et l’eau ?
Un verre renversé n’est pas un drame : un chiffon de coton humide, bien essoré, suffit. Les lampes sont faites pour les pièces sèches ; la table basse, vernie, ne craint ni le café ni le vin.
Au toucher ?
Mate et douce, cirée à la cire d’abeille. Avec les années, une patine se forme ; la teinte, elle, ne bouge pas.
Où est-ce fabriqué ?
À Béziers, dans l’ancienne miroiterie familiale, du dessin à l’emballage.
Deux pièces identiques ?
Jamais tout à fait. Même injectées, elles sont poncées et cirées une par une.
Injection artisanale
Les lampes injectées
Le versant technique de l’atelier : des moules à pièces, précis, pour de petites séries régulières.
Voir Splitt et Kokiy
Splitt
Deux moitiés moulées séparément, puis assemblées. Un aspect plus industriel, en suspension, en applique ou en baladeuse.
Kokiy
« Coquille » en créole. Dans l’esprit des Invider, mais d’une forme trop complexe pour la main : elle est injectée sous vide, puis poncée et cirée.
À poser, à suspendre, au mur
Les luminaires
De Marrakech à Berlin
Où on les a vues
Des hôtels à Paris et dans le Sud, des grands magasins parisiens, et ces boutiques.
« Avec des caractéristiques biomorphiques, les lampes Invider acquièrent une qualité vivante qu’Henri imprègne au fur et à mesure qu’il les crée. »
Journal du Design
« Une lampe de table d’un autre monde retient notre attention : aux formes courbes et végétales. »
Remodelista
« Henri Dejeant transforme la matière en poésie lumineuse. »
La Maison Pigalle
Hôtels, boutiques, architectes, studios
Un projet, une série, une pièce à inventer.
Henri Dejeant étudie tous les projets, sans minimum de pièces : une série pour un hôtel, une teinte pour une boutique, un modèle dessiné par un studio ou avec lui. Comptez jusqu’à trois mois pour une pièce nouvelle.
La lettre
Les nouvelles pièces, avant tout le monde.
Quelques lettres par an : les pièces qui sortent du séchoir, les nouvelles formes, les salons. Rien d’autre.


