Les teintes de l’atelier : la couleur est dans la matière
La couleur n’est pas posée sur mes pièces, elle est dedans. Les pigments sont mêlés à la pâte avant le moulage : une rayure ne fait donc jamais apparaître un autre matériau dessous. Voilà les cinq teintes de l’atelier, et ce qui les distingue.
Le principe
Comment la couleur entre dans la matière
J’utilise des pigments minéraux : des ocres, des oxydes, du noir de carbone. Ils sont mélangés à la pâte au moment de la préparer, donc teintés dans la masse. Rien n’est peint, rien n’est pulvérisé.
La couleur n’apparaît vraiment qu’au ponçage, quand la surface s’ouvre et laisse voir le grain. La cire d’abeille, passée ensuite, la rend plus profonde — c’est l’étape où une pièce grise devient une pièce colorée. Le détail est dans les sept étapes.
Permanentes
Papier naturel et noir de carbone
Papier naturel est la matière sans pigment : un beige clair où les éclats d’encre se voient le mieux. C’est la teinte qui raconte le plus honnêtement de quoi la pièce est faite.
Noir de carbone est à l’autre bout : une matière dense, mate, où le grain se devine plutôt qu’il ne se voit. Les deux sont permanentes, toujours disponibles.
Du moment
Sauge, ivoire, brique
Ces trois-là sont des éditions limitées : je les prépare par séries, et quand une série est finie elle ne revient pas forcément. Sauge est un vert gris qui s’accorde aux bois clairs ; ivoire réchauffe une pièce blanche sans la jaunir ; brique tire vers la terre cuite sans en avoir la brillance.
Sur demande
Une teinte qui répond à un mur
Toute autre teinte peut être préparée. C’est la demande la plus fréquente des architectes et des hôteliers : une couleur qui va avec un lieu précis, parfois sur une série de pièces identiques. Une photo du mur et du sol suffit pour commencer — le reste se règle avec un échantillon. C’est le même chemin que pour une taille particulière : une pièce dessinée pour un lieu.
Dans le temps
Ce que la couleur devient
La teinte ne bouge pas : les pigments minéraux ne passent pas à la lumière. Ce qui change, c’est la surface — une patine se forme là où l’on touche la pièce, et elle fonce légèrement. Un petit éclat peut être repris, précisément parce que la couleur est dans la masse et non en surface.
Pour savoir quelle teinte va où, la logique est la même que pour la forme : choisir sa lampe selon la pièce.